Notre mouvement, du Réseau Français des Ecovillages, lorsqu’il parle écologie, pense (parle de et agit en adéquation) ECOLOGIE GLOBALE, ce qui, pour certains, plus attachés aux étiquettes qu’à l’essence profonde du concept, semble paraître « radical » voire « extrémiste » … à ceux-là nous répondons, un animal, un être vivant, à la différence d’un sol, une rivière, un étang … ne peut être à moitié vivant où à moitié mort lorsqu’il est dans votre assiette …, lorsque vous consommez un animal, vous consommer une chaire issue de sa MORT RADICALE, point barre …

Ma génération (Marie-Line, année 60), a dû faire de multiples compromis et souvent avaler (virtuellement) quelques couleuvres confrontée au déni total de notre population occidentale (que je pratique le plus) en ce qui concerne la condition animale … En France, nous battons tous les records, si je compare à l’Angleterre, où j’ai vécu dans les années 80 et n’avons quasiment pas de restaurants « végétariens » ni même de menus gastronomiques végétariens ; « Dieu » Merci, nos nouvelles générations, bénéficiant des « mixages » culturels actuels, ont eux cette magnifique ouverture d’esprit et sont, pour la majorité, radicalement VEGAN … Ouffff …

Dans cet article est dénoncé la dérive marketing de ce mouvement vegan qui impacte, maintenant, tous les continents. (je rappelle que les Indiens d’Inde sont 1 milliard à être « veg » (hindouistes, première et plus ancienne religion mondiale) et ce depuis toujours)

Image annuaire vegan-france

La folie végan : Article très complet de Nathalie SILBERT

« De l’agroalimentaire aux cosmétiques, l’idée végane se répand sur la planète. En France, le phénomène prend de l’ampleur, à l’heure où la cause animale s’invite dans le débat public. Un nouvel eldorado pour les entreprises. Que le roi du burger McDonald lance aux Etats-Unis son McPlant avec de la viande végétale comme l’Impossible Whooper de son rival Burger King ou que Nestlé commercialise en Suisse le Sensational Vuna un « thon » à base de pois de gluten et de blé : à l’heure de Greta Thunberg, on pouvait s’y attendre. Que Bentley, symbole du luxe britannique, songe à proposer à sa très chic clientèle un modèle tout électrique et végan surprend davantage. On sent pointer la « folie végane » ! A la veille de Noël, dans le quartier branché du Marais à Paris, les sneakers fabriquées à partir de déchets de pommes ou de maïs trônaient en majesté dans les vitrines…Un vent végan souffle sur la planète. A Hollywood, afficher son soutien à la cause animale en renonçant à manger de la viande et à porter du cuir est devenu très tendance. Désigné par l’association spéciste People for the Ethical Treatment of Animals « personnalité Peta de l’année 2019 », l’acteur oscarisé de « Joker », Joaquin Phoenix, a produit « Gunda », documentaire sorti mi-décembre à New York et à Los Angeles qui suit les dernières heures d’une truie et de ses petits promis à l’abattoir… En France, ce sont Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Boris Cyrulnik et 500 personnalités qui ont lancé il y a un an, dans « Le Monde », un appel pour un « lundi vert », sans viande ni poisson. De leur propre aveu, ce n’est qu’un compromis. Car, pour les puristes héritiers du mouvement lancé en 1944 en Grande-Bretagne par Donald Watson, fondateur de la Vegan Society, le véganisme prône un mode de vie centré sur la préservation des animaux et l’arrêt de leur utilisation à des fins commerciales. Et donc fait d’interdits stricts. Ni viande, ni poisson, ni oeuf, ni lait dans les repas. Ni cuir, ni laine, ni mohair dans les vêtements. Prohibition du miel et du lait d’ânesse dans les cosmétiques. Plus question même de pêcher à la ligne…Dans les faits, seule une infime minorité – plutôt urbaine et diplômée mais trop réduite pour relever de statistiques fiables – accepte de s’astreindre à ce régime. Même si les associations de défense des animaux ont donné une ampleur médiatique au véganisme grâce aux opérations coup de poing de militants radicaux : happenings publics avec mises en scène et images choc, vidéos dérobées dans les abattoirs, dégradations sur des boucheries. En revanche, au pays de la côte de boeuf, un Français sur cinq se déclare selon le Crédoc, « flexitarien ». Ce qui signifie, selon la définition retenue, qu’il limite sa consommation de viande pour des raisons autres qu’économiques. Souci du bien-être animal, considérations de santé individuelle, volonté de protéger la planète en combattant l’élevage, première source d’émissions de CO2 et donc facteur de réchauffement climatique : les motivations des végans et des flexitariens se rejoignent, même si certains sujets divisent la communauté scientifique. Ainsi, pour l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), « l’élevage joue un rôle central dans le cycle de l’alimentation ». « Croire que nous pourrions régler tous nos problèmes en arrêtant de consommer est une erreur contre laquelle l’Inrae s’inscrit en faux », affirmait récemment son président, Philippe Mauguin, aux « Echos ».Perspectives alléchantes dans l’agroalimentaire.

Quoi qu’il en soit, les industriels ne peuvent plus ignorer cette tendance. Les groupes agroalimentaires, à l’affût d’innovations, sont les premiers concernés. Le végan est devenu pour eux un marché promis à un bel avenir. Selon Barclays, les ventes mondiales de produits à base de protéines végétales augmenteraient de 16 % par an. En 2027, elles flirteraient avec les 30 milliards d’euros. De quoi aiguiser les appétits. A cet horizon, Unilever, qui a racheté The Vegetarian Butcher, vise désormais 1 milliard de revenus grâce à cette nouvelle offre. Le géant anglo-néerlandais mitonne déjà des recettes sans viande ni lait, comme les autres grands acteurs du secteur (Danone, Nestlé etc.) : burgers au soja ou au blé, yaourts sans lait, boissons à l’avoine… Signe des temps, Ikea, qui sert chaque année 1 milliard de ses iconiques boulettes de viande dans ses magasins, vient lui aussi de lancer leurs petites soeurs végétales « au goût et à la texture de la viande ». A écouter, la très populaire marque suédoise, en 2025, la moitié des produits proposés dans ses restaurants seront végans. Les perspectives alléchantes des protéines végétales attirent les investisseurs : aux Etats-Unis, à Hong Kong ou en Israël, de jeunes pousses ont levé, selon Meticulous Market Research, 750 millions de dollars en 2019, rêvant de rivaliser avec les Beyond Meat (300 millions de dollars de revenus) et Impossible Foods. Même si les burgers des deux rois du steak végétal font polémique, accusés d’être « plus proches de la chips que de la salade » dans un article publié par Heated, le site personnel de Mark Bittman, chroniqueur culinaire au « New York Times ».Prochaine étape, déjà franchie en décembre par Singapour : la commercialisation de la viande in vitro conçue en laboratoire à partir de cellules souches animales. Financiers, milliardaires – Bill Gates, Richard Branson, etc. – et même industriels de la viande comme Tyson Foods, premier producteur américain de boeufs, investissent massivement dans son développement. Pour ses partisans, cette viande de synthèse a deux avantages : elle évite l’abattage des animaux et permettra de nourrir une population mondiale en croissance. A l’opposé, ses détracteurs, telle Jocelyne Porcher, sociologue et auteure de « Cause animale, cause du capital »,dénoncent « une convergence des intérêts des start-up spécialisées dans la viande cellulaire et les associations activistes comme L214 ».Dans l’Hexagone, les ventes de produits végans progressent vite (+11 % en 2019, selon Xerfi) même si elles restent modestes en valeur absolue, estimées à 400 millions d’euros. Pascale Hébel, directrice au Crédoc, note que « les premiers substituts à la viande pour les flexitariens ont été les lentilles et autres légumineuses », qui n’entrent pas dans ces statistiques véganes. Tous les acteurs ambitionnent de « démocratiser » l’offre. « Le marché français a un gros potentiel et devrait connaître une croissance à deux chiffres dans les années à venir », relève Guillaume Gachet, directeur marketing Herta Le bon Végétal chez Nestlé. Confiante, la start-up Les Nouveaux Fermiers, soutenue par le fonds Kima Ventures de Xavier Niel, vient de mettre en route une usine sur le territoire.Pour séduire la communauté grandissante des flexitariens, la distribution ouvre ses rayons. Carrefour propose une trentaine de références véganes dans sa gamme Carrefour Veggie. Le groupe Casino, avec ses enseignes Monoprix et Franprix, a été le premier à vendre les burgers et saucisses Beyond Meat. Les retours sont positifs : de plus en plus, les clients qui les goûtent en reprennent. « On va assister à un rééquilibrage entre produits carnés et végétaux. Mais il faut que nos clients qui continuent de manger de la viande retrouvent des goûts qu’ils connaissent », note Corine Aubry-Lecomte, directrice innovation et qualité. Face à l’intérêt, en particulier des jeunes générations, Naturalia, autre filiale de Casino, a ouvert à Paris une quatrième boutique « végan ». Ici et là, des magasins spécialisés et des restaurants fleurissent. Le végan a d’ailleurs fait une petite entrée à Rungis, le temple de l’alimentation traditionnelle. Depuis 2016, le charcutier-traiteur Dispéré s’y est mis, sous l’oeil parfois agacé de ses clients bouchers. « Cela représente 10 % de mes revenus, mais mes ventes augmentent de 80 % », indique son directeur général, Yann Berson.Des progrès et des coups de com.

Ce souffle végan commence également à s’inviter dans les garde-robes et les trousses de maquillage. La mode a trouvé son égérie dès 2001 avec Stella McCartney, pionnière dans la défense de l’environnement et des animaux. « Tout ce que je fabrique […] est végan », assurait la créatrice britannique dans « Les Echos Week-End » en novembre dernier pour les vingt ans de sa maison. Piñatex issu de la fibre des feuilles d’ananas et des déchets de marc de raisin ou de pomme pour remplacer le cuir, pelure d’orange pour imiter la soie : après avoir banni la fourrure, la filière, engagée dans une démarche écoresponsable, phosphore sur des matériaux « animal friendly ». Derrière quelques coups de com – H & M et sa collection végétale -, des marques (Veja, Ashoka, Minuit sur Terre…) se sont construites sur la logique végane. De même dans les cosmétiques. Avec une contrepartie : l’impossibilité d’accéder au marché chinois, qui impose les tests sur les animaux. Et bientôt, des médicaments végans ? C’est le pari de Veggiepharm. Forte des autorisations de mise sur le marché, la société espère commercialiser en 2021 un paracétamol et travaille sur un antihistaminique. Pas besoin de tests sur les animaux. « Nous partons de données existantes », précise Kevin Bondiguel, responsable du développement.. Engagées dans l’écologie, les éditions La Plage, dont le best-seller « Végan » s’est vendu à 88.000 exemplaires, projettent, elles aussi, de lancer une revue biannuelle intitulée « B12 » – la vitamine qui manque aux végans « purs et durs ». « Nous voulons montrer que l’on peut changer son mode de consommation en étant plus respectueux des animaux et de la planète », explique la directrice Céline Le Lamer.Les associations de défense des animaux admettent des « progrès ». « Mais cela évolue encore trop lentement », regrette Alexandra Blanc. Pour la fondatrice de Vegan Impact, « la France est en retard ». « Au pays de la gastronomie, il faut déconstruire un modèle solidement ancré », dit-elle. Après avoir testé son Rebel Whopper à base de plantes dans une dizaine de restaurants l’été dernier, Burger King n’a d’ailleurs pas encore décidé de le lancer à grande échelle. Raison invoquée : le marché français « accélère » mais il « n’a pas la maturité des Etats-Unis ou de certains pays d’Europe du Nord ». La vague ébranle en tout cas le monde de l’élevage. « Ce que vise une association comme L214, c’est la fin de l’élevage, pas le bien-être animal », accuse Etienne Gangneron, vice-président de la FNSEA, principal syndicat agricole français. Remontés contre le radicalisme des débats, les défenseurs de la filière refusent que leur terminologie soit récupérée par des substituts aux plantes. Au nom du risque de confusion du consommateur. « En France, le décret de janvier 2010 prévoit que seul le cuir d’origine animale peut se prévaloir du terme ‘cuir’ », rappelle Frank Boehly, président du Conseil national du cuir, qui représente 12.800 entreprises et pèse 25 milliards d’euros. Et, en plus, ces succédanés sont souvent issus de la pétrochimie. Si l’industrie du lait a déjà gagné la bataille avec l’interdiction des appellations « lait », « yaourt », « crème », celle de la viande attend encore le décret d’application qui doit supprimer « steak », « saucisse », « émincé » du vocabulaire végan.Achats d’actions Kering, Burberry et Ralph Lauren.

Tout le monde a compris que le phénomène ne serait pas un feu de paille. La question animale fait désormais partie du débat public. « Le gouvernement a adopté des textes qui vont dans le bon sens », se félicite Anissa Putois, porte-parole de Peta France. Interdiction d’utiliser des animaux sauvages dans les cirques, fermeture en 2025 des élevages de visons… D’autres fronts sont déjà ouverts. « Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils accompagnent la transition alimentaire », dit-elle. Par ailleurs, profitant de la chute des cours de Bourse au début de la pandémie de Covid-19, Peta Etats-Unis a acquis des actions Kering, Ralph Lauren, Burberry, afin de pouvoir participer aux assemblées générales de ces géants du luxe. Objectif revendiqué : intervenir en séance pour les pousser à bannir de leur collection la laine, le mohair et le cachemire… La « folie végane » s’installe bien dans le paysage. « 

Liens des sources :
Hindouisme Vikidia
Annuaire VEGAN-France, article
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